Joseph Kabila explique la création du FRN et affirme que la RDC est en danger
Politique

Joseph Kabila explique la création du FRN et affirme que la RDC est en danger

admin

October 28, 2026

L’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila Kabange, a expliqué les raisons qui l’ont conduit à prendre la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), affirmant que le pays traverse une période critique marquée, selon lui, par une crise de gouvernance, des menaces sécuritaires et des risques pour son unité nationale.

Il s’est exprimé lors d’un entretien avec Bojana Coulibaly et Teddy Mazina, diffusé sur la chaîne YouTube Conspiracy Tracker Great Lakes. L’interview a notamment porté sur la situation politique et sécuritaire en RDC, ainsi que sur sa décision de diriger cette nouvelle coalition à caractère politique et militaire, annoncée le 12 octobre 2026 à Goma pour succéder à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et réunir ses dirigeants avec ceux du M23.

Kabila a expliqué que ses inquiétudes concernant l’évolution du pays remontaient à la période précédant les élections qui ont porté Félix Tshisekedi au pouvoir. Il affirme avoir averti à plusieurs reprises que la RDC risquait de s’engager dans une trajectoire dangereuse, évoquant même la possibilité d’un scénario comparable à celui du Soudan.

Selon l’ancien chef de l’État, la taille du pays, sa diversité ethnique, linguistique et régionale, ainsi que sa population estimée entre 100 et 120 millions d’habitants, exigent une gouvernance inclusive, fondée sur le partage des responsabilités, l’équilibre des pouvoirs et le respect de la Constitution.

Il estime que la préservation de l’unité nationale dépend de la capacité des institutions à représenter l’ensemble des Congolais, indépendamment de leur origine ou de leur appartenance politique.

Parmi les événements qui ont renforcé ses inquiétudes, Kabila a cité la rupture, à la fin de 2019 et au début de 2020, de la coalition politique qui avait contribué à organiser le partage du pouvoir après les élections de 2018. À ses yeux, cette rupture a affaibli les mécanismes de contrôle institutionnel et favorisé une concentration excessive du pouvoir entre les mains du président Tshisekedi.

L’ancien président affirme que les problèmes actuels de la RDC ne se limitent pas à la guerre dans l’est du pays, mais trouvent également leurs racines dans le fonctionnement des institutions nationales. Il accuse le pouvoir en place de centraliser les décisions, de ne pas respecter suffisamment la Constitution et d’exploiter les divisions ethniques et régionales à des fins politiques.

Ces déclarations reflètent son analyse de la situation congolaise et ses critiques à l’égard du pouvoir actuel. Elles ne constituent toutefois pas, à elles seules, une vérification indépendante de l’ensemble des accusations formulées.

Kabila a également mis en garde contre ce qu’il considère comme une tendance à traiter certaines communautés, en raison de leur origine géographique ou de leur langue, comme des ennemies de l’État. Il affirme avoir abordé cette question avec Tshisekedi lors d’une rencontre en 2019, en soulignant les dangers d’une politisation ethnique des forces armées et des autres services de sécurité.

« La politique, c’est la politique. On peut faire de la politique avec les politiciens, mais lorsqu’on en arrive à vouloir ethniciser les institutions de sécurité, en particulier l’armée, on met le pays en grand danger », a-t-il déclaré.

Pour l’ancien président, les forces de sécurité doivent servir tous les Congolais et ne peuvent être organisées sur la base de l’appartenance ethnique, de la langue ou de la région d’origine. Il estime qu’une telle dérive risque d’alimenter la méfiance, de fragmenter les institutions et d’affaiblir la capacité de l’État à protéger la population.

Établissant un parallèle avec les années du régime de Mobutu Sese Seko, Kabila a déclaré percevoir dans la gouvernance actuelle certaines pratiques qu’il assimile à des tendances autoritaires. Il a rappelé que la Constitution congolaise, notamment son article 64, prévoit le devoir de chaque Congolais de faire échec à toute personne ou à tout groupe de personnes qui prend le pouvoir ou l’exerce en violation de ses dispositions.

Interrogé sur les raisons de son engagement à la tête du FRN, alors que l’AFC et le M23 sont associés à une rébellion armée, Kabila a expliqué qu’il avait initialement privilégié une solution politique à la crise congolaise.

Il affirme avoir cru, au cours des deux années précédentes, qu’il existait des moyens de résoudre les différends politiques et sécuritaires sans recourir à la confrontation militaire. Il soutient cependant que les possibilités de dialogue se sont progressivement réduites, le pouvoir de Kinshasa n’étant, selon lui, plus disposé

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