À la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) depuis 2019, Louise Mushikiwabo met en avant un bilan marqué par le soutien aux femmes et aux jeunes, l’éducation, la transformation numérique et une attention particulière portée à l’Afrique.
Première femme africaine à diriger l’OIF, la Rwandaise Louise Mushikiwabo a été élue Secrétaire générale au Sommet d’Erevan en 2018, avant d’être reconduite en 2022 à Djerba. Ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères et de la Coopération, elle dirige une organisation regroupant 90 États et gouvernements.
Depuis son arrivée, l’OIF aurait mobilisé environ 336 millions d’euros, avec un taux d’exécution de 97 %, tandis que les mécanismes de transparence et de contrôle ont été renforcés.
La promotion de l’autonomisation des femmes figure parmi les priorités de son mandat. En 2020, dans le contexte de la pandémie de Covid-19, l’OIF a notamment soutenu quelque 100 000 femmes à travers 354 projets dans 36 pays.
La jeunesse constitue également un autre axe fort. Plus de 10 000 jeunes dans 134 pays ont été mobilisés pendant la crise sanitaire autour d’initiatives destinées à répondre aux besoins de leurs communautés.
Pour Mushikiwabo, les jeunes ne doivent pas seulement être considérés comme les bénéficiaires des politiques publiques, mais comme des acteurs capables de proposer des solutions.
La Secrétaire générale considère également l’intelligence artificielle comme un enjeu majeur pour l’avenir de la Francophonie.
Elle plaide pour que les langues africaines trouvent leur place dans les technologies de demain. À travers le programme ELAN – École et langues nationales en Afrique, plus de 12 millions d’élèves apprennent notamment à lire dans leur langue maternelle avant d’aborder le français, dans un dispositif couvrant 46 langues africaines.
Pour elle, l’avenir de la Francophonie ne se limite donc plus à la défense du français : il s’agit aussi de garantir une présence équitable des langues et des cultures dans le monde numérique.
L’Afrique occupe une place centrale dans la vision de Louise Mushikiwabo. Elle estime que le continent doit davantage renforcer ses échanges internes et mieux exploiter son potentiel économique, culturel et humain.
Son parcours personnel explique en partie cette vision. Après plus de vingt ans passés aux États-Unis, elle est rentrée au Rwanda en 2006 et s’est engagée dans la vie publique, avant de devenir ministre des Affaires étrangères puis Secrétaire générale de l’OIF.
À travers ses initiatives, Louise Mushikiwabo cherche ainsi à faire de la Francophonie non seulement un espace de partage linguistique, mais aussi un instrument d’éducation, d’innovation, de coopération et de développement, avec l’Afrique au cœur de son avenir.