Louise Mushikiwabo : « Je n’ai pas peur de l’élection » à la tête de l’OIF
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Louise Mushikiwabo : « Je n’ai pas peur de l’élection » à la tête de l’OIF

admin

September 26, 2026

La Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, affirme ne pas craindre l’élection qui désignera le prochain dirigeant de l’organisation, estimant que son bilan à la tête de l’OIF et les soutiens exprimés par plusieurs États membres lui donnent des raisons d’être confiante.

Dans un entretien accordé à France 24 à Marc Perelman le 25 septembre 2026, à quelques semaines du 20e Sommet de la Francophonie prévu les 15 et 16 novembre à Phnom Penh, au Cambodge, Louise Mushikiwabo a défendu le principe d’une compétition électorale pour la direction de l’organisation.

Pour la première fois depuis la création de l’OIF, il y a 56 ans, son Secrétaire général sera désigné à l’issue d’un vote si les États membres ne parviennent pas à un consensus.

Louise Mushikiwabo sera opposée à trois autres candidats : Coumba Ba de Mauritanie, Dacian Cioloș de Roumanie et Juliana Amato Lumumba de la République démocratique du Congo (RDC).

« Je n’ai pas peur des élections »

Interrogée sur cette compétition, la Secrétaire générale sortante s’est montrée sereine.

« Je n’ai pas peur des élections. Je ne devrais pas avoir peur des élections, parce que dans les nouveaux textes de l’OIF auxquels j’ai contribué, j’ai soutenu que la réforme de l’organisation prévoie un mécanisme de vote lorsqu’il n’y a pas de consensus », a-t-elle expliqué.

Pour elle, le recours au vote constitue également un signe de maturité institutionnelle pour une organisation qui existe depuis plus d’un demi-siècle.

« C’est une bonne chose que l’OIF, après plus de 50 ans d’existence — elle en a 56 —, aille aux élections. C’est une étape de maturité, mais aussi un acte démocratique », a-t-elle déclaré.

Louise Mushikiwabo estime ainsi qu’elle ne peut aujourd’hui remettre en cause un mécanisme auquel elle a elle-même contribué dans le cadre des réformes de l’organisation.

« Ce serait prétentieux de dire que je suis la favorite »

La responsable de l’OIF reste toutefois prudente lorsqu’il s’agit d’anticiper l’issue du scrutin.

« Ce serait prétentieux de dire que je suis la favorite, parce que dans une élection, c’est à la fin qu’on sait », a-t-elle déclaré.

Elle met néanmoins en avant son bilan à la tête de l’organisation ainsi que les échanges qu’elle a eus avec plusieurs dirigeants des États membres.

« J’ai un bilan qui a été salué à plusieurs reprises par les chefs d’État », a-t-elle souligné.

Elle ajoute disposer d’une expérience politique et diplomatique qui lui permet de connaître de nombreux dirigeants de l’espace francophone, notamment grâce à ses anciennes fonctions de ministre des Affaires étrangères du Rwanda.

« J’ai aussi l’ambition de continuer à développer cette organisation. Et, de par les responsabilités que j’ai eues auparavant, notamment comme ministre des Affaires étrangères du Rwanda, j’ai des relations solides avec beaucoup de dirigeants », a-t-elle expliqué.

Selon elle, plusieurs États membres lui ont également fait part de leur soutien.

« Je suis soutenue dans beaucoup d’endroits, cela m’a été dit par plusieurs pays membres de l’organisation », a-t-elle indiqué, tout en rappelant que la décision finale appartient aux chefs d’État appelés à voter.

Rwanda-RDC : « Ces différends ne devraient pas avoir leur place dans l’OIF »

La candidature de la Congolaise Juliana Amato Lumumba intervient dans un contexte marqué par les tensions persistantes entre Kigali et Kinshasa. Louise Mushikiwabo estime cependant que les différends entre les deux pays ne devraient pas déterminer la compétition pour la direction de l’OIF.

« Je vais être honnête : nier qu’il y a des différends entre mon pays et son voisin, la RDC, serait impossible. Ce ne sont pas des différends nouveaux », a-t-elle reconnu.

Elle estime toutefois que ces tensions ne devraient pas être transposées dans le processus électoral de l’OIF.

« Pour la candidate de la RDC, je pense que ces différends ne devraient pas avoir leur place dans l’OIF. Cette compétition devrait porter sur les personnes qui sont appelées à diriger cette organisation et à la faire avancer », a-t-elle déclaré.

Interrogée sur le risque que son origine rwandaise puisse peser sur sa candidature, elle a rappelé que les dirigeants des organisations internationales ne peuvent être évalués uniquement à partir des relations entre leurs pays d’origine et les autres États.

« Il y a beaucoup de pays dans le monde qui ont des différends. Si nous élisions les dirigeants des organisations internationales sur la base des différends ou des relations entre leurs pays, ce serait très difficile », a-t-elle fait valoir.

Pour elle, le choix devrait avant tout porter sur les capacités du candidat à diriger et à représenter l’organisation, chaque État membre restant libre de soutenir le candidat de son choix.

Mali, Burkina Faso et Niger : Louise Mushikiwabo souhaite leur retour

Autre dossier évoqué : le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger de l’OIF en 2025.

Les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont annoncé leur retrait de l’organisation en mars 2025, dans un contexte de relations tendues avec la Francophonie après les changements politiques intervenus dans ces pays.

Louise Mushikiwabo dit regretter cette décision.

« Je ne voulais pas être la Secrétaire générale d’une organisation dont les pays sortent. J’ai été très attristée par le départ de ces trois pays du Sahel, » a-t-elle déclaré.

Elle souhaite désormais leur retour au sein de l’organisation.

« Je souhaite vraiment que ces pays reviennent dans l’organisation. L’OIF est leur organisation comme elle est celle des autres. Nous sommes une organisation fondée sur la coopération et la solidarité entre les peuples », a-t-elle affirmé.

Le 20e Sommet de la Francophonie, prévu les 15 et 16 novembre 2026 à Phnom Penh, constituera ainsi une étape majeure pour l’OIF. Quatre candidats sont en lice pour diriger l’organisation, qui compte 53 États et gouvernements membres disposant du droit de vote.

Pour la première fois, la succession à la tête de l’OIF pourrait donc se décider dans les urnes plutôt que par consensus.

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